Bernaches

Un article de AllianceWiki.

Jump to: navigation, search

Le « Wing Commander » Saar Havin traînait dans son bureau exigu. Le désordre gagnait du terrain, petit à petit.

Il effeuillait quelques rapports et dossiers, l’air distrait.

On lui avait demandé de préparer une synthèse de l’histoire et de l’organisation des « Bernaches », à l’attention du personnel des autres unités résidantes de Phénix.

Il y a à peine trois mois, il ne savait pas encore que Phénix existait. Il avait encore une épouse et ses deux enfants terminaient leurs études …

C’était il y a une éternité.

Il n’avait pas voulu de secrétaire. Son dictaphone était branché.

Il se servit lentement un verre de vieux Whiskey Correlien.

C’était sans doute le boulot le plus dur à faire depuis trois mois. La masse de travail lui avait permis de ne penser à rien d’autre que le travail.

Et le voilà confronté avec ses souvenirs.

Il s’assit, but une longue gorgée, puis, après un soupir, se lança.


Histoire

Genèse

« Au début … au début… » (soupir, puis inspiration).

« Au début étaient 6 compagnons, pilotes vétérans de la guerre des clones, du côté des perdants, dont moi…

La guerre était terminée, et ils se retrouvaient à la tête d’un petit dépôt de matériel militaire, désormais inutile, qu’ils revendirent pour un bon prix au marché noir.

Avec leur pécule, ils achetèrent 8 vaisseaux de transport militaires légers, rapides, idéaux pour les missions de ravitaillement discrètes.

Ils furent rejoints par des vétérans, anciens contrebandiers, anciens compagnons d’armes, des hommes désespérés que la guerre avait formés et que la paix avaient laissés sans avenir.

Ensembles, ils créèrent une petite compagnie, qu’ils nommèrent Goose Galactic Freight ltd., en mémoire des oies qui parcouraient des milliers de kilomètres lors de leurs migrations.

Développement

C’était une compagnie de faible envergure au début. Dans un monde en crise, ils acceptèrent des contrats médiocres, vivant de contrebande et de maigres trafics en tous genres, transportant de tout, pour une misère.

La « Goose » se spécialisa dans des marchés de niches, des transports, plus ou moins légaux, vers des systèmes peu desservis ou des lieux d’accès difficiles.

Ils avaient une force : tous les membres du personnel devenaient actionnaires, et les statuts de la société n’ouvraient qu’un tiers du capital aux investisseurs. La « Goose » tenait toujours ses promesses. Et elle ne laissait jamais tomber les siens.

Assez rapidement, la « Goose » acquit une excellente réputation. Elle attira des pilotes doués et intègres, qui préféraient travailler pour un employeur sûr, même pour un salaire moindre.

Sa flotte se développa. Au bout de 15 ans, la « Goose » était devenue une entreprise prospère, en pleine expansion.

Par ailleurs, la « Goose » développa des activités de « transitaire », employant pour se faire non seulement ses propres capacités de transport, mais également nombre de pilotes (farouchement) indépendants, et fiables.

Les affaires prospéraient. La « Goose » gérait quelques astroports de taille modeste, perdus dans des mondes de la Bordure extérieure, où elle pouvait réviser ses propres appareils et ceux d’autres indépendants. Elle avait également plusieurs agences commerciales ou de maintenance. Et un nombre impressionnant de partenaires permanents. Un petit empire commercial en devenir.

… J’y pense encore comme à un âge d’or. Nous nous étions tous mariés, avions des enfants, l’ambiance du travail était formidable.

Notre service de « recherche et développement » se développa à ce moment, pour trouver de nouveaux marchés, de nouveaux clients, mais également de nouvelles routes. Et plus encore sans doute. Ils sont toujours restés très discrets.

OPAs

La croissance de notre entreprise a attiré les vautours de la finance, qui se sont heurtés à nos clauses protégeant le personnel : jamais ils ne prendraient le contrôle de la « Goose ».

Pourtant, une autre sorte de vautours s’attaquèrent à nous, des gens issus de la mouvance de l’Ordre Nouveau. Là, malgré nos statuts, contre toute attente et toute loi, les tribunaux donnèrent raison aux vautours.

Les anciens cadres furent virés, ou acceptèrent de rester dans des emplois subalternes. Comme moi. Tout plutôt que quitter la « Goose ».

L’ambiance de travail s’est détériorée. Tout allait au profit. Je ne peux décrire ici le lent déclin de l’entreprise, malgré la croissance de ses résultats. Mais l’esprit de la « Goose » est resté vivace auprès des employés, qui arrondissaient les « arrêtes ».

Résistance

C’est sans doute à ce moment que je me suis rendu compte que les choses changeaient. En surface, tout allait bien. Mais, dans les faits, tant les membres du personnel que de nombreux cadres se mirent à soutenir l’Alliance.

Dans les faits, certaines de nos bases furent ouvertes aux appareils de l’Alliance, pas mal de dossiers de «Recherche et développement » disparurent. Et nos appareils transportaient toujours plus de marchandises que celles reprises sur les connaissements (NDR = contrat de transport maritime / spatial et document reprenant les marchandises transportées), ou autre chose, vers d’autres destinations … dans des proportions jamais égalées auparavant.

J’étais triste de voir les choses aller ainsi. Ce n’était pas sérieux pour les affaires. Mais ils avaient raison : il fallait prendre parti. Je n’osais pas le faire. Mais, quelque part, la « Goose » l’avait fait. »


Saar Havin but son verre, et s’en resservit un autre.


Ordre 66 et évacuation

« Je ne sais pas qui nous a donnés.

J’étais en mission sur le système Sylvanéen quand un vieux sullustéen, Sul Ub Nuust, est venu me prévenir que « l’ordre 66 » a été donné contre la « Goose » - l’ordre d’épuration, la plus complète et la plus radicale, d’un élément nocif pour l’Empire.

Les heures, jours et mois qui suivirent furent employés à sauver ce qui le pouvait, prévenir qui pouvait encore l’être, évacuer le personnel au sol, les familles, prévenir les pilotes en cours. « Recherche et développement » a fait preuve de facultés extraordinaires pour faire parvenir la nouvelle aux confins de la galaxie et coordonner tous nos efforts.

Mais, le plus souvent, trop tard.

Nous avons évacué et nous sommes intégralement ralliés à l’Alliance.

Nous avons participé à l’évacuation des maquisards du système Sylvanéen. Belle action d’éclat, au nez et à la barbe des destroyers impériaux. Une première victoire ? Ou une défaite évitée ?

Des six, je suis le seul survivant.

Et je n’ai toujours aucune nouvelle des miens. »


Saar Havin s’arrêta un long moment. Retint ses larmes. Il attendit un moment, puis se reprit

Organisation

« Le personnel, le matériel et les connaissances de la « Goose » a été mis à la disposition de l’Alliance.

Les gars de « Recherche et développement » ont simplement disparu. On nous a signifié de tout oublier à leur sujet.


Pour le reste, les « Bernaches » ont été créées.


Elles se composent de 3 « Wings ».


Le premier Wing « Bernaches », de transport, regroupe les équipages et des vaisseaux de transport légers que nous avons pu récupérer.

Ce sont des vaisseaux qui n’ont ‘air de rien, mais sont suréquipés en senseurs, système de contre-mesure électronique et anti-détection, et de moteurs rapides. Nous avions peu de crédits à dépenser pour les « carrosseries », et encore moins maintenant. Mais nos « poubelles » volent vite, et discrètement.

Ils assurent des missions discrètes de transport de marchandises pour le compte de l’Alliance, parfois en infiltration ou en exfiltration de systèmes hostiles. Et ils sont doués pour ce travail.

Ils exécutent également parfois des missions de transport de personnel ou d’unités.

Ce sont également eux qui ravitaillent Phénix. Je sais, ils ne sont pas encore pleinement admis : on leur fixe un rendez-vous, où des Head Hunters viennent les chercher pour les conduire à Phénix. Et ils circulent peu sur Phénix, et jamais dans les zones réservées aux unités combattantes.

Tous ont perdu des amis et, le plus souvent, leur famille, quand ils en avaient une.

Nombreux sont ceux qui demandent leur transfert pour une unité de combat, chasse ou marine. Mais ils sont également infiniment utiles pour l’Alliance en assurant son ravitaillement.

Jusqu’ici, seules quelques têtes brûlées ont pu constituer un semblant d’escadron, qui attend encore son homologation.

Je suis leur commandant par intérim, jusqu’à ce que l’on trouve un officier qui puisse les prendre en charge.


Le Second Wing « Bernaches » regroupe nos anciens commerciaux et logisticiens. En gros, ils font appel à nos anciens co-contractants, indépendants, souvent devenus vraiment contrebandiers, ou même des entreprises ayant encore une façade « honorable », pour assurer des missions de transport pour l’Alliance également. Nous gérons également ici les missions « commerciales » du premier Wing tant qu’il s’agit d’acheminer des denrées d’un point à un autre.

C’est ce Wing que je dirige.

Beaucoup de mes soldats préfèrent toujours m’appeler « Monsieur le Directeur » plutôt que « Commodore ». Seuls 130 ont pu être évacués, presque tous avec leurs familles. Je sais, pas de chiffres, les murs ont des oreilles. Mais je suis fier de ce résultat .

Quelques autres ont échappé de justesse aux griffes de l’Empire, pour être ensuite évacués par « Recherche et développement » ou par l’Alliance.

Ils sont tous regroupés ici, sur Phénix. On nous a signifié notre redéploiement prochain, vers une destination mieux propice à nos activités pour l’Alliance. Top Secret.


Enfin, le troisième Wing « Bernaches » regroupe nos anciennes unités de maintenance au sol, de radio, de signalisation, de construction. Elles se chargent tant de la réparation et de la maintenance des appareils du premier Wing que des autres appareils de l’Alliance, ou indépendants, qui arrivent sur Phénix.

Ils font du bon boulot.

Ce troisième Wing est provisoire. Déjà, de nombreux mécanos ont reçu d’autres affectations, sur des vaisseaux, auprès d’autres unités ou sur d’autres bases.

Mais ceux que nous retrouvons passent d’abord un moment au sein de la « famille ».

A ce jour, plusieurs dizaines de collaborateurs de cette branche ont pu être évacués ou retrouvés. Mais il devrait y en avoir d’autres encore en route. Et toujours aussi peu avec leur famille.

Un petit noyau restera sur Phénix, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne « en route ».

Voilà qui, je crois, résume la situation.

Vous reconnaîtrez les « Bernaches » à leur insigne d’épaule : une oie volante sable sur fond or avec la devise « Toujours au rendez-vous ». »


Saar Havin vida encore un verre et coupa le dictaphone.

Il resta un moment en silence, méditatif et triste.

Au bout d’un moment, il se reprit.

Il prît la puce d’enregistrement du dictaphone, la glissa dans son datapad et la transmit au lieutenant Lloyd.

Puis il se mit à attaquer sérieusement sa bouteille. Ce soir, cela n’avait plus d’importance.

Demain se suffirait à lui-même.


Dernières Nouvelles

Le Wing 2 et le Wing 3 des Bernaches ont été redéployés et ont quitté le Phénix.

L'Etat Major de l'Alliance a confirmé Saar Havin au grade de Wing Commander et l'a affecté au Wing 1 des Bernaches, sur le Phénix.